L’entreprise

Historique de l’entreprise

Aujourd’hui, plus de 16 millions de ménages possèdent un jardin. Entre les Français et leur maison, c’est une véritable histoire d’amour ! Cependant, garder en état son espace vert réclame du temps et des aptitudes, ce dont ne disposent pas tous les particuliers.

Jean-Paul CHAUVET - 1993C’est en 1993 que Jean-Paul Chauvet, titulaire d’un bac agricole et alors dans une situation professionnelle difficile après 14 ans dans le secteur du transport et du commerce international, décide de s’établir comme jardinier salarié chez plusieurs particuliers de la région grenobloise. « Alors que le chèque-service n’existait pas encore, j’avais découvert la possibilité pour mes employeurs de récupérer sur leur impôt la moitié de mes coûts salariaux. Dans la mesure où je m’occupais aussi bien de leurs jardins que de leurs déclarations sociales, j’ai recherché la meilleure façon de structurer cette méthode de travail peu conventionnelle à l’époque. »Cette expérience lui permet de découvrir l’importance des besoins en travaux de jardinage à Grenoble et dans les communes environnantes. Il comprend qu’un positionnement est possible entre d’une part, les entreprises paysagistes fortement mécanisées, qui ne s’intéressent que rarement aux petits chantiers d’entretien de jardins, et d’autre part, les artisans jardiniers travaillant en solo, qui ne peuvent entreprendre des travaux importants en termes de main-d’œuvre, sont souvent isolés et ne peuvent assumer les fluctuations saisonnières du métier.

C’est pourquoi, en octobre 1996, Jean-Paul Chauvet décide de mettre en œuvre son idée malgré les difficultés qui surgissent, notamment pour trouver des informations sur un secteur encore émergent. Doté d’une personnalité rigoureuse et opiniâtre, il réussit à surmonter les écueils rencontrés et crée Les Compagnons des Jardins pour effectuer de petits travaux de jardinage à la carte. Ces prestations sont alors facturées à l’heure effective de travail (sur la base d’un tarif attractif grâce aux possibilités de déduction fiscale), pour le compte de retraités qui ne peuvent plus les assurer eux-mêmes ou de personnes très prises par leur activité professionnelle. Il s’agit entre autres de la taille des haies et des arbres, de la tonte des pelouses, du désherbage, du piochage, de la réparation de clôtures et de petites plantations.L’entreprise est créée sous forme associative, « ce qui était à l’époque la solution la plus simple et la plus politiquement correcte pour avoir un agrément ». Ce dernier est obtenu le 13 février 1997, et l’activité démarre réellement en mars grâce à l’obtention d’une aide à la création d’entreprise (Accre) de 50.000 francs, soit 7 500 euros.

Jean-Paul Chauvet met parallèlement en place une solution originale tenant compte des besoins d’autonomie des jardiniers engagés et de la nécessité de les responsabiliser dans leurs tâches : le matériel reste la propriété du personnel d’exploitation et est facturé séparément des heures de main-d’œuvre. Cette solution basée sur la réalité des comportements des intervenants individuels travaillant alors « Au Noir » permet aux jardiniers de travailler en sécurité, d’entretenir le matériel et de le renouveler sans frais.
En collaboration avec un technicien spécialiste de la base de donnée filemaker sur Apple, il développe et fait évoluer en même temps que l’entreprise un outil informatique performant adapté a toutes les spécificités de ce nouveau métier.
Le succès est rapidement au rendez-vous et, pour se doter d’un véhicule juridique plus adapté à ses ambitions, Jean-Paul dissout son association le 30 juin 2000 et crée dans la foulée une SARL sous la même dénomination.

Les années qui suivent sont marquées par une croissance soutenue, même si de réelles difficultés surviennent :
– les relations sont tendues avec les organismes sociaux, et les banquiers montrent peu d’empressement à soutenir l’entreprise alors que le passage aux 35 heures en 2002 augmente considérablement les coûts salariaux, que le BFR explose et qu’il est relativement difficile d’augmenter les tarifs ;
– à partir de janvier 2006, la déductibilité fiscale des services de jardinage est plafonnée (« les retours positifs sur devis, qui étaient de près de 50 % avant le décret, régressent à moins de 35 % à partir de septembre 2006 ».
– on assiste à l’entrée sur le marché de grands groupes multiservice possédant de nombreuses succursales, et à la multiplication des petits intervenants indépendants qui se font rémunérer en chèques service.
– malgré la crise économique depuis 2008, le développement du statut d’auto-entrepreneur, la simplification de l’accès à l’agrément simple, les mauvais coups portés au secteur par des changements incessants de réglementation, l’augmentation de 13% de la TVA début janvier 2014 (passée de 7 à 20%), la concurrence déloyale d’intervenants au noir ou au gris, le modèle économique des Compagnons des Jardins reste une valeur sure.

Le projet 2016/2020 des Compagnons des Jardins s’inscrit totalement dans la nouvelle économie qui grâce à l’Internet met en relation des producteurs avec des clients. A contrario des plateformes d’intermédiation qui se bornent à facturer des services aux producteurs comme aux utilisateurs, en imposant leurs conditions tout en ignorant les règlementations du travail les plus élémentaires, le projet collaboratif des Compagnons des Jardins apportera non seulement la mise en relation Producteur/Client, mais la structure complète qui permettra à chacun des intervenants :
– Tout en gardant son indépendance, à l’intérieur d’un cadre juridique stable de créer, maitriser et développer son activité sans les contraintes de l’indépendant, de l’auto, micro ou petit entrepreneur.
– De bénéficier de tous les avantages du salariat et d’une équipe sans avoir de comptes à rendre à un patron, contremaitre ou chef d’équipe.
Le projet 2016/2020 des Compagnons des Jardins s’inscrit dans le cadre de la loi de 2014 sur l’économie sociale et solidaire qui apporte une réponse pragmatique au manque de flexibilité du marché du travail tout en permettant une très forte sécurisation du parcours de l’entrepreneur salarié.