Le compostage en conteneurs

 

Pour la communauté urbaine de Vancouver qui s'est engagée depuis longtemps dans le développement du compostage chez les particuliers, la situation à énormément changé depuis ces dernières années. Les premiers utilisateurs se contentaient de tas ou de conteneurs très ouverts à l'action des éléments et aux nuisibles du voisinage. Les habitants n'étaient pas concernés par les dégâts des rongeurs parce que le ratio entre le nombre d'habitants, le nombre de composts et le nombre de rongeurs n'était pas suffisamment important pour causer un problème.

Ce n'est plus le cas pour cette communauté. Afin d'éviter que les rongeurs ne transforment leurs tas de compost en domicile et en garde manger, il leur faut utiliser des conteneurs pouvant résister aux attaques de ceux-ci. Les conteneurs du commerce peuvent être sécurisés en protégeant le couvercle, le fond et les parois par du grillage galvanisé à mailles de 1,3 cm ou plus petites. Il est important que les conteneurs soient disposés sur une surface dure (chape de béton, dallage, pavés...) pour éviter l'entrée invisible de rongeurs par le fond. Pour les régions recevant beaucoup de pluies, il faut éviter que le compost reçoive une trop grande quantité d'eau et en soit saturé. Un couvercle plein ou recouvert d'une tôle galvanisée est alors nécessaire. On peut adjoindre une fermeture avec un loquet ou une serrure pour éviter des ouvertures intempestives.

Le compostage simple

C'est la manière la plus simple de faire du compost chez soi. Il suffit de mettre au compost les déchets du jardin au fur et à mesure. Les déchets alimentaires doivent être cependant enfouis en creusant un trou dans le tas en cours et en les recouvrant ensuite avec de la terre ou des feuilles. Le conteneur à compost engrange les déchets du jardin et de la cuisine jusqu'à leur décomposition. Le processus se perpétue tant que l'on continue à ajouter des déchets.

Cette méthode prend un à deux ans pour produire un compost mur. Le compost mur se trouve alors près du fond du composteur. Pour récolter le compost, il faut ouvrir le conteneur, mettre de coté les produits non décomposés et prélever le compost mur. On retourne ensuite dans le conteneur les produits non ou mal décomposés mis de coté.

Il est plus facile de faire ces opérations avec deux conteneurs à compost car cela facilite les manutentions. Un conteneur est utilisé pour les déchets récents et peu ou mal décomposés et le second pour les produits déjà bien décomposés.

Le compostage soigné

C'est la méthode la plus utilisée. Il faut alors donner un peu plus de son temps au tas de compost pendant les périodes de jardinage au printemps en été et en automne. Le tas de compost chauffe de façon intermittente, parfois après un apport de déchets de tonte frais. Le jardinier doit retourner le compost et l'aérer assez souvent avec un outil adapté pour à la fois mélanger les produits et s'assurer de la bonne oxygénation des organismes décomposeurs.

Le compost doit être aussi humide au toucher qu'une éponge que l'on vient d'essorer. Vous devez pouvoir former une boule des produits en décompostion dans votre main mais sans qu'il s'en échappe de l'eau. Si cela n'est pas le cas, il faut ajouter des déchets secs pour absorber l'humidité. Si le compost est trop sec, il faut ajouter des produits vert et très humides comme les déchets de nourriture ou les tontes fraîches Vous pouvez aussi apporter de l'eau en arrosant le tas en mouillant les déchets sans les inonder. L'idéal est de pouvoir couper ou broyer toutes les matières en morceaux de 5 à 6 centimètres, ce qui augmente les surfaces disponibles pour l'attaque par les organismes décomposeurs sans risque de compacter le tas.

Le compostage contrôlé

Cette technique est rapide, chaude et active. Elle demande plus de soins et de travail. Ce travail consiste en un retournement ou un brassage régulier des matières organiques. Ces interventions hebdomadaires permettent aux bactéries de recevoir l'air dont elles ont besoin pour effectuer une bonne décomposition.

Cette technique de compostage est plus efficace lorsque l'on procède par fournées. Il faut stocker tout d'abord les matières organiques jusqu'à ce qu'il y en ait suffisamment pour remplir un composteur - normalement 1 m3. Les déchets de cuisine peuvent être mis de coté dans des sacs plastique, mélangés à de la sciure ou de la terre pour éviter les mauvaises odeurs et ne pas attirer les nuisibles. Tous les déchets doivent être coupés ou broyés pour augmenter la surface de travail des bactéries. Il faut disposer les différents produits en couches régulières de 5 à 10 cm d'épaisseur. Arroser les couches si nécessaire. Alterner des couches de produits riches en carbone (marrons) avec les produits riches en azote (verts). Remplir complètement le conteneur à compost.

En 24 heures les températures vont atteindre 60 à 70°C. C'est le compostage à chaud et il faut contrôler le processus. Ces températures doivent se maintenir pendant 4 à 7 jours. Quand elles commencent à baisser, il est temps d'aérer le tas. On effectue cette aération en passant les produits en décompostion dans le second conteneur. Il faut essayer de transférer les produit du dessus du premier tas dans le fond du deuxième conteneur pour s'assurer d'une destruction complète des graines de mauvaises herbes et des germes. Si l'on ne dispose que d'un seul conteneur, il faut introduire dans le tas de compost un outil permettant d'amener suffisamment d'air a l'intérieur du tas.

Cela interrompt temporairement le cycle de dégagement de chaleur, mais les températures vont très rapidement augmenter à nouveau pour un cycle de quatre à sept jours. Ensuite la température du tas se rafraîchit. Le compost travaillé de cette manière arrive à maturation en trois mois.

 

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