La taille – Quand tailler ?

On peut tailler les conifères à n’importe quelle période de l’année, mais les tailles effectuées pendant la période de repos végétatif permettent de réduire les écoulements de sève et de résine au niveau des plaies de taille.

Les angiospermes et les arbustes n’ayant pas de floraisons particulièrement attractives doivent être taillés pendant la période de repos végétatif. En règle générale, le meilleur moment se situe en fin d’automne et pendant l’hiver. Tailler pendant cette période permet de mieux voir la structure de l’arbre, d’amplifier la cicatrisation au niveau de la taille pendant la période de croissance, de réduire l’éventualité d’une contamination et d’éviter des épanchements excessifs de sève au niveau des tailles. En raison des molécules odoriférantes qu’elles émettent, les plaies de taille récentes peuvent véritablement attirer les insectes porteurs de maladies.

Les arbres et arbustes à fleurs doivent aussi être taillés pour les mêmes raisons pendant la période de repos végétatif. Cependant, pour éviter de se priver d’une partie de la production de fleurs, il vaut mieux s’en tenir au simple schéma ci-après.
Les arbres et arbustes qui fleurissent au début du printemps (cogniassier du Japon, forsythia etc.) doivent être taillés immédiatement après leur floraison (les bourgeons floraux se forment sur les nouvelles tiges de l’année et apparaissent l’année qui précède leur floraison).
Les arbres et arbustes qui fleurissent en été ou en automne doivent toujours être taillés pendant la période de repos végétatif (les bourgeons floraux se forment alors sur les nouvelles pousses de l’année et fleurissent normalement).

Les branches mortes peuvent être taillées à n’importe quel moment de l’année.

Un grand nombre d’arbres et d’arbustes à fleurs sont sensibles au feu bactérien qui peut être transmis par la taille. Les rosacées y sont particulièrement sensibles, par exemple, plusieurs variétés de pommiers, l’aubépine, le poirier, le sorbier des oiseleurs, le cogniassier et particulièrement le pyracantha qui doivent être taillés pendant l’hiver pour limiter les risques d’attaque.

Les outils de taille
De bons outils sont essentiels à une bonne taille (Fig.6). Le choix de l’outil va dépendre de la taille des branches à couper et du nombre de tailles à effectuer. Si possible, essayez l’outil avant de l’acheter pour voir s’il est adapté à vos besoins (louez éventuellement ces matériels avant l’achat). Comme souvent, une très bonne qualité se paie.

Pour faire simple, plus la branche taillée est petite, plus vite la blessure se refermera. Le sécateur à main est utilisé pour tailler les petites branches (en-dessous de 2,5 cm de diamètre). On en trouve de nombreux modèles. On peut les regrouper en deux catégories en fonction de la disposition des lames. Certains sécateurs ont une seule lame qui vient couper la branche contre une sorte de petite enclume lorsque l’on presse les deux poignées. Les sécateurs les plus courants ont deux lames courbes. La lame coupante du dessus glisse le long de la lame inférieure plus large, un peu comme des ciseaux. Il vaut mieux utiliser ce type de sécateur qui provoque moins d’écrasement ou de déchirure des tissus végétatifs. On en trouve pour gauchers ou droitiers.
Les branches légèrement plus grosses qui ne peuvent être taillées avec un sécateur à main peuvent être coupées à l’aide de scies égoïnes (jusqu’à 10 cm de diamêtre) ou de sécateurs de force (jusqu’à 7 cm de diamètre) qui disposent de plus grande surfaces de coupe et surtout d’un plus grand effet de levier en fonction de la longeur des manches.

Pour les branches trop difficiles à couper à l’aide d’un sécateur ou d’un sécateur de force, on utilise une scie égoïne. On en trouve de toutes sortes qui se différencient par la forme de la poignée, la longueur et la forme de la lame et la forme et la disposition des dents. La plupart ont des lames en acier trempé et conservent leur tranchant même après de nombreuses utilisations. A l’inverse de la majorité des scies, les égoïnes sont fabriquées de façon à couper lors du retour de la scie.

Pour les branches de plus de 10 cm de diamètre, il est préférable d’utiliser une tronçonneuse. Une tronçonneuse ne doit être utilisée que par une personne aguerrie. Pour éviter d’avoir à couper des branches de plus de 10 cm de diamètre, il vaut mieux tailler lorsque les branches sont petites.
Pour les branches hors d’atteinte, on utilise un échenilloir. En général, les lames de l’échenilloir peuvent couper des branches d’un diamètre jusqu’à 4,4 cm. Pour couper des branches d’un diamètre supérieur, il est possible de fixer des lames de scies au sommet de la tige de l’échenilloir ou d’y fixer une scie complète en fonction des modèles disponibles. Il ne faut absolument pas utiliser d’échenilloirs simples ou télescopiques à proximité des lignes électriques en raison des risques d’électrocution, à moins qu’il ne s’agisse de personnes autorisées par ERDF ou que la ligne ait été auparavant sécurisée ou coupée par les services concernés.

Pour permettre des coupes satisfaisantes et pour réduire la pénibilité , il faut disposer d’outils tranchants et bien entretenus. Les sécateurs, sécateurs de force et échenilloirs seront régulièrement aiguisés à l’aide d’une pierre à aiguiser. On trouve aussi dans le commerce des lames de rechange de toutes sortes. Les scies égoïnes devront être aiguisées par une personne qualifiée ou bien remplacées de temps en temps. Pour réduire les coûts, de nombreuses marques proposent des lames de scies interchangeables.

Les outils doivent être aussi bien nettoyés et désinfectés qu’ils doivent être aiguisés. Bien que cela soit souvent malcommode et rarement pratiqué, s’astreindre à respecter ces règles peut permettre d’éviter la dissémination de maladies à des arbres sains à partir d’un arbre atteint à cause d’outils infectés. Les outils se trouvent contaminés dès qu’ils arrivent au contact de champignons, bactéries, virus et autres microorganismes vecteurs de maladies des arbres. La plupart des ces agents pathogènes on besoin de trouver des moyens de pénétrer dans leur hôtes et les tailles fraiches sont pain béni pour les débuts d’infection. Les microorganismes se trouvant à la surface des lames s’introduisent facilement dans les tissus de la plante hôte lors du contact des tissus végétatifs avec les lames pendant la coupe. Le besoin de désinfection des outils est réduit de manière importante lorsque l’on taille pendant la période de repos végétatif.
Si la désinfection d’avère necessaire, il faut procéder comme suit : avant chaque taille de branche, désinfecter l’outil de taille à l’acool à 70° ou à l’eau oxygénée diluée à 10% (1 volume pour 9 volumes d’eau). Les outils doivent être immergés dans la solution au moins une à deux minutes. Il faut ensuite éliminer toutes les particules de bois ou de tissus végétaux des surfaces de coupe. L’eau oxygénée ataquant les métaux, les outils doivent être ensuite lavés entièrement à l’eau savonneuse et rincés après chaque utilisations.

Soigner les blessures
La sève, les gommes et les résines sont les moyens naturels de lutte des arbres contre leur invasion par des agents pathogènes. Quoique peu esthétique, un épanchement de sève à partir d’une plaie de taille, n’est pas à priori nuisible à la santé des arbres. Cependant, une « hémorragie » trop importante peut les affaiblir.

Si les chênes ou les ormes sont blessés à une période critique de l’année (au printemps pour les chênes ou pendant toute la période de croissance pour les ormes) — que cela soit du à une tempête, a des accidents imprévus ou à un élagage nécessaire — il faut alors appliquer un produit de protection. Cela doit être fait immédiatement après la taille. Dans la plupart des cas, l’application de tels produits est inutile et peut être même contre-indiquée. Les produits de protection n’empêchent pas le pourrissement ni ne traitent les maladies infectieuses. Ils peuvent par contre nuire à l’action bénéfique des gommes et résines et retarder la cicatrisation rapide des blessures telles qu’elles peuvent se réaliser dans des conditions naturelles. L’application de ces produits n’est recommandée que dans la prévention contre l’introduction des agents infectieux dans les cas bien précis de la maladie hollandaise de l’orme et du dépérissement du chêne.

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