La taille – Les bases

L’objectif principal de la taille des jeunes arbres est de les doter d’une forte charpente. Au fur et à mesure du développement de l’arbre, la taille devient le moyen de maintenir cette charpente en préservant la forme, l’apparence et la santé de l’arbre.
Une taille correcte doit être faite sur un noeud, à l’endroit ou une branche ou une brindille s’attachent l’une à l’autre. Au printemps, la croissance démarre des bourgeons et les ramilles poussent jusqu’à ce qu’elle forment un autre noeud.

page11_1

Les types de tailles les plus fréquentes sont :

1. L’éclaircissage de la couronne (Fig. 2).
Cet éclaircissage, effectué principalement sur les angiospermes, consiste en un dégagement sélectif des branches pour augmenter la pénétration de la lumière et la bonne circulation de l’air à travers la ramure de l’arbre. Le but est de maintenir ou de développer la charpente et la forme de l’arbre. Il ne faut pas dégager plus d’un quart de la ramure à la fois pour éviter un stress trop important et la production excessive de rejets due au réveil des bourgeons dormants. S’il est nécessaire de faire une taille plus importante, il faudra alors l’étaler sur plusieurs années.

Figure 2. Eclaircissage de la couronne – les branches à enlever sont soulignées en bleu ; les tailles sont pratiquées au niveau des traits rouges. Il ne faut pas dégager plus d’un quart de l’ensemble des branches vivantes à la fois.

Les branches qui prennent naissance au niveau de fourches en U marqué doivent être préservées (Fig 3A). Les branches qui prennent naissance au niveau de fourches en V étroit au niveau de la prise présentent souvent un bourrelet cicatriciel mal refermé au niveau de l’écorce et doivent être enlevées (Fig. 3B). De tels bourrelets se forment

lorsque deux branches poussent à angle aigu, ce qui produit une portion d’écorce retournée sur elle même entre les deux branches. Cette inclusion d’écorce empêche les deux branches de créer un lien suffisamment puissant, ce qui est une cause fréquente de rupture juste au dessous du point de jonction des deux branches. Les tiges jumelles provenant du même rejet forment souvent ce type d’inclusion. Le fait de tailler quelques unes des branches latérales d’une des deux tiges réduira conséquemment sa croissance et permettra à l’autre tige de prendre le dessus.

page11_2

 

page11_3
Les branches latérales ne doivent pas avoir un diamètre supérieur à la moitié ou au trois quart du diamètre du tronc au point d’attache. Il faut éviter l’apparition de balais de sorcières qui sont des touffes de branches et de feuillage en bout de branches. Ces balais de sorcières se développent après qu’une taille excessive ait éliminé toutes les branches latérales intérieures et le feuillage. Cette taille peut déclencher un réveil important des bourgeons dormants, une dessication de l’arbre due au soleil et une fragilisation des branches et leur casse. Les branches qui se touchent ou se croisent doivent être enlevées.
Les conifères dont les branches sont disposées en volutes et la forme générale pyramidale, n’ont que rarement besoin d’une taille de couronnement à l’exception de la remise en valeur d’une tige dominante. Il arrive que la tige principale d’un arbre soit endommagée et que de multiples branches secondaires n’arrivent pas à se départager. Il faut sélectionner la plus forte et tailler les branches concurentes pour éviter le développement anarchique de l’ensemble.

 

page11_42. Mise en valeur de la couronne (Fig. 4)

Cette pratique consiste à enlever les branches basses de la couronne de l’arbre pour ne pas gêner les piétons, véhicules, mobiliers urbains, immeubles et cables électriques et télécoms. Cette taille permet à l’arbre de développer un beau tronc pour la production de bois. Le dégagement des branches basses des pins permet des mieux les préserver de la rouille des conifères. Après intervention, le pourcentage de couronne conservée par rapport à la hauteur totale de l’arbre doit être au moins des deux tiers (par exemple, pour un arbre de 12 m, on conservera les branches sur une hauteur supérieure de 8m). Sur les jeunes arbres, on peut conserver ces branches basses temporaires le long du tronc pour permettre un meilleur développement en fuseau et le protéger du soleil et des vandales. Les jets les moins vigoureux doivent être sélectionnés comme branches temporaires tous les 10 à 15 cm de part et d’autre, le long du tronc. On pratique une taille de réduction annuelle pour les ralentir et on les taille complétement si nécessaire.

Figure 4. Mise en valeur de la couronne – les branches à enlever sont soulignéees en bleu ; les coupes doivent être effectuées au niveau des traits rouges. Le pourcentage restant de la couronne sur la hauteur totale de l’arbre doit être d’au moins deux tiers.

page11_53. Rabattage de la couronne (Fig. 5)

Ce type de taille est le plus souvent utilisée lorque l’arbre s’est trop développé par rapport à l’espace disponible. Cette méthode est préférable à la méthode dite du couronnement parce qu’elle préserve une apparence plus naturelle, permet d’espacer les tailles et réduit le stress de l’arbre.
La taille de couronnement qui doit rester une taille de dernier recourt, génère des plaies de taille importantes qui peuvent conduire à l’affaiblissement et à la dégradation de l’arbre. Cette méthode ne doit jamais être appliquée aux arbres de forme pyramidale. Une meilleure solution sur le long terme consiste à dégager l’arbre en question et à le remplacer par un sujet dont le développement maximum ne dépassera pas l’espace disponible.

Figure 5. Rabattage de la couronne – Les branches à éliminer sont soulignées en bleu ; les coupes doivent être effectuées au niveau des traits rouges. Le pourcentage restant de couronne doit être des deux tiers de la hauteur totale de l’arbre.

 

Laisser un commentaire